Projet Riad : une parcelle du Maghreb dans la Petite-Patrie

Un agrandissement et une envie de dépaysement ont été à l’origine du projet Riad, réalisé par Laurent McComber et son équipe. Visite guidée d’une résidence qui sort des sentiers battus.

photo d'inspiration 

Les clients ? Un couple ayant acheté un duplex dans la Petite-Patrie, dont ils allaient prendre possession quelques mois plus tard. Leur souhait ? Une résidence comportant un grand séjour et cuisine, mais de plus petites chambres. Le mandat ? Agrandir le rez-de-chaussée en empiétant sur la cour arrière. L’inspiration ? Une photo d’une maison en Espagne, tirée d’un magazine. « Les clients n’avaient pas envie que ça ait l’air d’un condo neuf dans Griffintown », explique l’architecte du projet, Laurent McComber.

« Cette photo a été l’étincelle qui a allumé le feu, mais il y a tout de même eu beaucoup de travail », ajoute l’architecte. L’agrandissement en « L » s’est construit autour d’une cour intérieure, typique de l’architecture maghrébine et visible de toutes les pièces de vie. L’impression d’être au Maroc se trouve en outre accentuée par le mur de briques blanc qui délimite la cour.

Ce nouvel espace logeant cuisine et salle à manger se situe au niveau du sol. Lorsqu’on emprunte le court escalier du salon pour s’y rendre, c’est un peu comme si on descendait les marches d’un balcon pour accéder à l’extérieur. Un sentiment renforcé par la ligne de chaux gris foncé, qui atteint la même hauteur que le comptoir de cuisine. « Tu arrives dans un sous-espace creusé, comme si tu rentrais dans le sol. », explique Laurent McComber. Le four La Cornue, qui trône au centre de cet espace, avait déjà été commandé par les clients. Il donne directement sur la table de la salle à manger, créant un espace convivial où il fait bon recevoir et cuisiner.

Pour compléter l’ambiance méditerranéenne, les clients ont eu recours aux services de l’artisan Anthony Néron, de l’entreprise Art du chanvre. Avec une petite équipe, Anthony a mis deux semaines à faire tous les murs de la maison à la chaux, alors qu’un plâtrier aurait mis deux jours à finir les murs de gypse. Un travail de longue haleine, qui en a valu la peine. « C’est un projet avec une certaine sensualité, tout en douceur, avec la lumière qui vient mordre dans les murs », témoigne l’architecte.

Les formes courbes ont constitué un choix esthétique, mais ont également été dictées par la matière. Par exemple, les coins en saillie sont moins solides s’ils sont carrés parce que la chaux ne permet pas l’utilisation de barres de fer. Par ailleurs, les enduits à la chaux ont comme avantage de prendre de la patine avec le temps, de bien vieillir.

Laurent McComber est particulièrement fier de ce projet. « Des fois, les gens pensent que les trucs d’architectes sont grandioses et sophistiqués, alors qu’il y a possibilité de faire des projets modestes, pas banals, super chaleureux. Des projets à l’image de nos clients qui, dans ce cas-ci, étaient des “tripeux” de l’Europe du Sud. » Mission accomplie !

Autres fournisseurs
Entrepreneur : Avantage+
Comptoir en granit dépoli dans la cuisine : Nero Absoluto
Luminaire dans la salle à manger : Authentik

Crédit photo : Raphaël Thibodeau

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