«Ouss qu'on s'en va? 2017» : L'architecture, l'art et la culture

C'est sous les thèmes de la culture de l'architecture et de l'architecture de la culture que c'est déroulé le colloque «Ouss qu'on s'en va? 2017», organisé par les étudiants de l'école d'architecture de l'Université Laval. Lors de la conférence de samedi dernier, animée par la journaliste culturelle Catherine-Ève Gadoury, artistes, architectes et artistes-architectes se sont exprimés sur les liens entre art et architecture. 

Le tout s'est déroulé au nouveau Pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) puisque «l'idée était de faire sortir le colloque de l'extérieur des murs de l'École d'architecture afin d'étendre la portée de l'évènement à la communauté», explique un des étudiants et coordonnateurs de l'évènement, Julien Landry. Suite à de brèves présentations à tour de rôle suivies d'une table ronde, la discussion fut menée.

L'architecture et l'art vont de pair

D'entrée de jeu, les quatre invités du colloque, soit Jean-Pierre Morin, Claude Provencher, Richard Cloutier et Samuel Roy-Bois, s'entendent pour déterminer que l'architecture peut donner un contexte de travail aux pratiques artistiques même si certains artistes décident d'accorder une importance moindre à la fonction du bâtiment. À cet effet, il leur parait plus pertinent de se soucier de la volumétrie, des axes de circulation et de la matérialité du bâtiment plutôt que de la fonction qui pourra changer d'une décennie à l'autre.

L'ensemble du groupe semblait aussi s'entendre sur le fait que les artistes devraient être présents plus tôt dans le processus mais aussi auprès de l'architecte et de la commission. Par conséquent, le contexte devient parfois trop encadré pour certains artistes et l'intégration peut être plus difficile à atteindre. Le contexte de travail artistique évolue et les besoins d'aujourd'hui sont différents. À ce propos, Samuel Roy-Bois évoque que de nos jours, il est apprécié de faire partie des discussions dès les premiers balbutiements du projet. Ceci est représentatif de l'idéal apporté par la génération plus jeune qui remarque que les frontières entre les disciplines sont beaucoup plus poreuses qu'auparavant.

La large question philosophique de la valeur artistique du projet d'architecture a teinté à plusieurs reprises les échanges. Les panélistes évoquent que l'architecture a le potentiel d'être de l'art, mais que ce n'est pas toujours le cas. Claude Provencher, associé chez Provencher_Roy, firme impliquée dans le projet du Musée national des beaux-arts du Québec, renchérit en mentionnant qu'il ne faut pas oublier la question du budget. Celui-ci peut élever les chances d'un projet d'obtenir une qualité artistique. Pour Richard Cloutier, architecte et artiste, la notion d'art en architecture se retrouve surtout dans les choix entourant la matérialité.

Une loi favorisant les artistes?

Au Québec, ce qui relie inévitablement les deux disciplines est la «Politique d'intégration des arts à l'architecture», communément appelée le «1%». Il y a 30 ans, il n'y avait pas autant de place pour les artistes et cette loi permie de favoriser la diffusion de l'art dans l'espace public. Or, tous semblaient constater que cette réglementation datant de 1980 était de plus en plus désuète, entre autres puisque son élaboration datait de l'ère prénumérique. Les médiums artistiques ont depuis changé, avec l'apparition des nouvelles technologies et grâce à la plus grande présence de l'art éphémère. Samuel Roy-Bois a soulevé le point qu'en dehors du cadre de cette politique, nous assistons à l'émergence de nouveaux médiums populaires entourant «l'oeuvre d'art dans l'espace public», que l'on pourrait décrire comme étant plusieurs initiatives spontanées et temporaires. Ce sont souvent artistes et citoyens qui deviennent instigateurs de ce type de création. À l'inverse, ce que l'on associe au terme «art public» relève plutôt du domaine de l'artiste professionnel.

Les panélistes se questionnent assurément sur l'avenir de cette loi et proposent d'améliorer le contexte de production artistique dans le cadre d'un projet d'architecture. Plusieurs solutions ont été lancées telles que de partitionner le 1% pour amener les artistes a créer en mode éphémère. S'il y avait plus de souplesse, il serait intéressant de voir de nouvelles oeuvres émerger. Samuel Roy-Bois évoque aussi une proposition qui pourrait favoriser le travail interdisciplinaire dès l'école, puisque les jeunes générations souhaitent travailler davantage en équipe.

Le colloque «Ouss qu'on s'en va? 2017» est un rendez-vous annuel qui a lieu en alternance entre les écoles d'architecture de l'Université Laval, de Montréal et McGill.

 

Crédit photo : Page Facebook du colloque «Ouss qu'on s'en va? 2017».

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